
Montréal, Canada
Depuis un an, je me suis intéressé systématiquement à la problématique haïtienne en formulant un certain nombre de questionnements qui me semblent être les pierres d'achoppement à la sortie d'Haïti de descente abyssale aux enfers. Par la recherche, je commence à mieux cerner les raisons pour lesquelles, que ce pays, qui était le phare de la liberté par la geste de 1804, l'une des plus grandes révolutions, après celle de l'écriture, en forçant les puissances européennes à abandonner le paradigme du système esclavagiste, s'enfonce dans une crise permanente qui menace son existence même. En tant qu'Haïtien et, en second lieu, un membre de l'humanité, je ne saurais rester indifférent.
L'une des fractures qui empêche à ce pays d'évoluer est ce fardeau psychique que nous a légué le système esclavagiste: le colon a été catapulté hors de nos frontières physiquement mais il n'a jamais quitté notre psyché. La question du préjugé de couleur, héritage du racisme européen, est le nœud gordien de