Keep up to date with every new upload!

Join free & follow blackvoicesradio
Share
HDR BLACK VOICES invite BABALIAH BIGUINE années 60  RADIO HDR ROUEN

HDR BLACK VOICES invite BABALIAH BIGUINE années 60 RADIO HDR ROUEN

ce soir EVENEMENT RADIO
Demain lundi 21H sur RADIO HDR
Black Voices continue ses émissions invitations mélomane en accueillant la superbe sélection ANTILLES BIGUINE années 60 concoctés par Renaud Babaliah (BABALIAH - BOURG EN BRESSE) l'un des + grands spécialistes dj conférencier et digger
A ne pas manquer les amis

Comments

Worldwide Grooves Station

Ah en voyant la tracklist, je crois bien que c'est le morceaux d'Edouard Benoit, est-ce le même Edouard Benoit que celui des Maxel's ?

Worldwide Grooves Station

Super Sélection de vieilles Biguines ! Un attachement particulier au magnifique morceaux qui part à 28:35, y'a-t-il moyen de retrouver l'artiste et le titre de la track ?

Babaliah
Babaliah

Salut Les Babtous International!!! j'avais pas vu vos commentaires désolé! Le morceau en question est "Manzé titine" de Barel Coppet. Un de mes préférés dans cette sélection aussi! 2douard benoit, c'est le morceau d'avant. Et oui c'est bien le Edouard Benoit qui a joué avec les Maxels dans la deuxième moitié des 7O's. Il était instit ( comme moi) et a eu une carrière hyper longue.

Babaliah
Babaliah

Avec plaisir!

Babaliah
Babaliah

Dans les commentaires ci-dessous, le texte de l'introduction et la tracklist avec les références des disques. Vous pouvez découvrir mes nombreuses autres sélections ici : Babaliah et me suivre ici www.facebook.com/babaliah

Babaliah
Babaliah

Tracklist et références (hors introduction):
1-Henri Debs et son combo-En ke ba ou ça- DEBS DD1
2-Les Madikeras- Marilou- DEBS DD68
3-Emmanuel Paines-Moin pas ni ayen-DEBS DD78
4-Emmanuel Paines-Mache ou douvant moin-DEBS DD46
5-Henri Debs Quintet-Aïe ke bar-DEBS HD10
6-Edouard Benoit-Missie Marcel-EMERAUDE 53
7-Barel Coppet-Manzé Titine-PHILIPS 432850
8-Barel Coppet-Cé l'amou cé la vie-PHILIPS 432316
9-Barel Coppet-Pas reproché moin-PHILIPS 76072
10-Original Biguine Créole Band-Assez Mendier Grotchap-Barclay 82004
11-Maurice Champvert-Zone bleue-Célini Aux Ondes RC47
12-Georges Plonquitte-D'leau Coco-DD227
13-Serge Christophe et son combo-SIcrier la- Debs DD189
14-Emilien Antile-A su plage la-Debs HDD511
15-Hurard Coppet et Max Ramsay-Manman!...la grève barré moin-HIT PARADE HPR001
16-Les Madikeras-Bye Bye- DEBS DD68

Babaliah
Babaliah

Le lien entre le jazz et la biguine est fort. La biguine trouvant ses origines dans la première moitié du 19ème siècle et laissant ses premières traces à partir de 1850, certains historiens du jazz considèrent même que la biguine pourrait être un des piliers sur lesquels s’est appuyée la naissance du jazz à la nouvelle Orléans et à Saint Louis à la toute fin du 19ème siècle, au même titre que le ragtime, le blues ou les negro spirituals.

La biguine est née dans les grandes villes des Antilles française, Saint Pierre en tête, de l'appropriation par des musiciens d'origine africaine d' instruments et de répertoires imposés par la bourgeoisie française et de leur intégration à des rythmes ancestraux africains.

Au cours des 18ème et 19ème siècle, les musiciens noirs se sont progressivement familiarisé aux instruments et à certains genres musicaux européens, d'abord de manière forcée pour animer les réceptions dans les salons des esclavagistes, puis des bourgeois, mais aussi pour animer les bals dans les villes et les villages et enfin pour jouer de manière moins formelle dans la rue. L'usage de violons, clarinettes, pianos, contrebasses, s'est ainsi imposé au fur et à mesure que les musiciens noirs étaient amenés à jouer des danses de salon d'origine européennes comme la valse Autrichienne, la contredanse anglaise, la mazurka polonaise le quadrille français ou la polka de bohème. Les fanfares militaires ont comme presque partout dans les colonies européennes développé l'usage des batteries ( cymbales, grosse caisse, caisse claire) des cuivres, saxophone, trombone et plus rarement aux Antilles, trompette.

Babaliah
Babaliah

Comme pour le jazz dans le sud des Etats Unis, la biguine a également de solides racines africaines. Il existe en Guadeloupe et en Martinique plusieurs genres musicaux directement hérités des ancêtres africains, souvent basé sur un chant en question réponse entre un chanteur principal et un chœur et une polyrythmie de tambours et d'autres percussions par exemple des ti-bois (un rondin de bambou sur lequel on frappe avec deux baguettes), des grattoirs ou des shakers. Les genres les plus connus sont le Gwo ka en Gwadeloupe et le Bélé (ou bel-air) et le Calenda en Martinique. Ces rythmes accompagnaient la vie quotidienne des esclaves, au travail ou en soirée, mais aussi lors des rituels religieux apportés d'Afrique. Ils sont resté très populaires dans zones rurales.

En analysant le rythme de la batterie dans la biguine, on voit nettement le lien avec le rythme du ti-bois dans le Bélé : un un-deux un-deux ta ta-ta ta-ta. L'usage de tambours d'origine africaine a été mal vue pendant longtemps dans la société urbaine qu'elle soit blanche, mulâtre ou noire, à cause de son image rurale et démodée mais aussi parce que les tambours rappelaient l'esclavage. C'est aussi pour cette raison l'utilisation d'une batterie pour jouer ce rythme a largement contribué à la popularisation de la biguine. La section rythmique était souvent complétée par un maracas et des congas qui permettaient de rendre au rythme de la biguine sa couleur africaine sans rappeler directement les heures sombres de l'esclavage.

Ce rythme principalement joué à la batterie se rapproche indiscutablement du jazz avec le piano et la contrebasse qui viennent compléter la section rythmique. C'est le travail de cette section rythmique qui m'a poussé à choisir certains des morceaux que vous allez entendre. Le jeux d'accompagnement des pianistes en particulier n'a souvent rien à envier à celui des jazzmen de la même époque.

Comme dans le jazz, la biguine laisse une belle place à l'improvisation, et on peut d'abord l'entendre dans les solos, ou chorus comme le dise les musiciens de jazz, et vous allez en entendre de très beaux dans les morceaux que j'ai sélectionnés, d'Emilien Antille, Abel Zenon ou Edouard Benoit au saxophone, d'Hurard ou Barel Coppet à la clarinette, de Robert Sarkis ou Alain Jean-Marie au piano.

Mais l'improvisation a aussi sa place dans les arrangements dans bon nombre de morceaux de biguine, exactement à la manière du jazz new orleans qu'on appelle aussi dixieland. Un soliste joue le thème, avec de légères variations, souvent à la clarinette, et les autres vents enrobent ce thème en improvisant, par exemple trombones et saxophones. Les premiers morceaux de Louis Armstrong étaient arrangés ainsi et c'est exactement ce qu'on va retrouver tout à l'heure dans des biguines de Barel Coppet et de Maurice Jallier.

Babaliah
Babaliah

Quand il est question du lien entre biguine et Jazz, il est impossible de ne pas évoquer le rôle de Paris et de sa vie nocturne. Dès le début du vingtième siècle, certains musiciens de biguine font le choix d'une carrière parisienne en métropole et se frottent aux musiciens de jazz, en particulier dans l'entre deux guerres et après 1945. En effet, les troupes américaines sont arrivées en France à l'occasion des deux guerres avec ce magnifique cadeau qu'est le jazz et une partie du public français a été conquis, en particulier les zazous parisiens.

Le Bal Nègre, cabaret parisien créé en 1924, permet aux musiciens, chanteurs et danseurs antillais et noirs américains de partager, de mélanger. Des antillais intègrent des formations de jazz, des jazzmens américains jouent avec des formations antillaises, les big bands de biguine intègrent du jazz dans leur répertoire. De nombreux autres cabarets, dancings et restaurant participent à ces échanges parisiens et soudent sur le vieux continent le lien entre jazz et biguine.

Encore plus que dans le jazz, une grande part de la biguine a été l’œuvre des chanteurs et des paroliers, avec le chant souvent au centre du morceau, permettant comme dans son autre cousin le Callypso, les commentaires sociaux, politiques ou grivois. Et même si c'est le côté jazzy que j'ai choisi de présenter dans cette émission, les morceaux rassemblés permettent de se régaler avec les textes remplis de fraîcheur de Serge Christophe, Fred Dorville, Henri Debs, Guy Alcindor, Guy Cordoval ou Emmanuel Paines et leurs superbes chants en créole.